DIB : Déchet Industriel Banal.

C’est un terme que nous entendons dans l’industrie. Mais est-ce que les opticiens-lunetiers sont aussi concernés par ces fameux DIB ?

Voyons sous quel angle….

0 millions de tonnes
de DIB produits par les industries et les commerces en France en 2012

Sources INSEE

Posons les bases de ce Déchet Industriel Banal (DIB)

La définition exacte est que le DIB est un ensemble des déchets non inertes et non dangereux générés par les entreprises, industriels, commerçants, artisans et prestataires de services

La composition de ces déchets varie fortement d’un professionnel à un autre mais on y retrouve majoritairement du carton, des plastiques, du bois, des textiles, des résidus métalliques etc. en mélange.

Ainsi, le traitement peut éventuellement être réalisé dans les mêmes installations que les ordures ménagères : cartons, verre, déchets de cuisine, emballages, déchets textiles, …

Ses variantes :

  • Avec le tri à la source rendu obligatoire (décret 5 flux… 7 flux en 2022), il conviendrait désormais de parler de DRATS (déchets résiduels après tri à la source)
  • « DND en mélange » (Déchets Non Dangereux en mélange) 

Sous le spectre de la législation, il est bon de rappeler : 

Toute personne qui produit ou détient des déchets, …, est tenue d’en assurer ou d’en faire assurer l’élimination conformément aux dispositions du présent chapitre, dans des conditions propres à éviter lesdits effets''. Le détenteur d’un DIB est l’entreprise ou la structure dans laquelle est généré le DIB ou, dont l’activité génère le DIB. En tant que déchet non-ménager, l’élimination d’un DIB est de la responsabilité de son détenteur. Cette responsabilité s’étend jusqu’au stade final d’élimination. Elle persiste donc au-delà de la prise en charge par un tiers (collecteur), qu’il soit privé ou public

Code de l’environnement (art. L. 541-2)

Votre entreprise est dans le champ du décret sur les DIB d’emballages si : vous produisez plus de 1.100 litres de DIB d’emballages par semaine alors vous avez des obligations en matière de stockage et d’élimination

Décret n° 94-609 du 13 juillet 1994

Dans ces DIB, nous pouvons voir qu’une partie peut être recyclée facilement grâce aux infrastructures existantes. 

Mais qu’en est-il des DIB non recyclables?… 

Nous passons ainsi dans la notion de Déchet Ultime.

La notion de déchet ultime

Le déchet ultime est défini comme un déchet qui n’est plus susceptible d’être traité dans les conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la part valorisable ou par réduction de son caractère polluant ou dangereux.

Article l’article L 541-1 du Code de l’Environnement

Par conséquent, les déchets ultimes s’appliquent aux déchets qui ne sont plus valorisables même pas valeur énergétique, ni par recyclage

Ce sont des déchets dont on a extrait la part récupérable ainsi que les divers éléments polluants (ex : les piles et accumulateurs).

Ils sont les seuls à pouvoir être stockés ( et enfouis) dans un Centre de Stockage des Déchets Ultimes (CSDU).

Les déchets ultimes peuvent également être stockés jusqu’à ce que l’on découvre des moyens de le valoriser.

Les solutions envisageables

Trier ses déchets

Le tri s’impose comme un outils efficace mais pas comme solution pérenne.

Dans l’idéal, il s’effectue au préalable grâce à des collecteurs dédiés. Sinon, en passant par un centre de tri où les déchets sont regroupés par catégories et  suit son propre process de recyclage.

Par exemple, les Déchets Industriels Banals non valorisables issus des artisans, des commerces, des bureaux et des industries  ou encore les boues de station d’épuration non valorisables

Ces déchets peuvent être valorisés sous forme d’électricité, de vapeur ou d’eau chaude destinées à alimenter des réseaux de chaleur en étant incinérés. La chaleur dégagée est récupérée sous forme de vapeur et d’électricité.

On peut distinguer 2 sortes de valorisation énergétique :

  •  par traitement thermique (incinération, co-incinération, pyrolyse et gazéification)
  • par valorisation du biogaz issu des installations de stockage de déchets non dangereux et de la méthanisation des déchets organiques.

A savoir qu’en France : 65 % des commerces et 79 % des industries sous-traitent cette activité.

Qu’en est-il dans l’optique-lunetterie ?

L'écoconception

Pour éviter de trier les déchets, il faut les limiter en amont de la production. C’est là qu’intervient l’éco-conception d’un produit et se diriger vers une économie circulaire.

C’est un véritable état d’esprit.

Les étapes permettent de reflechir à :

  • peut-on réduire la quantité ?
  • est-ce fait à partir de matière recyclées ?
  • est-ce recyclable ?
  • est-ce en multi-matière ?
  • le transport sera-t-il optimal en matière d’émission de CO2 ?
  • les produits utilisés sont-ils dangereux pour l’environnement? pour les personnes qui travaillent avec ?
  • les déchets de la production sont-ils traités correctement ?
  • puis-je diminuer la quantité de plastique ?

Même si l’impact zéro n’existe pas, cela permet de limiter les déchets à gérer en aval.

Les DIB et les solutions en optique-lunetterie

Ainsi, pour les opticiens et la filière lunetière, ce fameux Déchet Industriel Banal seraient :

  • les boues de verres
  • les résidus organiques de fabrication des verres
  • les résidus de fabrication de monture 
  • les verres ophtalmiques usagés
  • les verres ophtalmiques cassés
  • les montures usagées
  • les montures cassées
  • les plaquettes usagées
  • les embouts usagés / cassés 
  • les cordons usagées
  • les calibres de présentation
  • les verres de présentation
  • les emballages plastiques
  • les cartons d’emballage

Certains déchets peuvent être pris par les collectivités si on en connait la composition tel que les cartons et certains emballages plastiques.

Néanmoins, la plupart des déchets produit par la filière lunetière ont des compositions inconnues. Par conséquent, ingérable à recycler sauf à en faire de la valeur énergétique ou de l’enfouissement.

Et ce dernier point est inenvisageable !

C’est dans ce constat que RecyclOptics a été créé : dire stop à cette ingérence et prendre le temps de réfléchir sur le cycle de vie des produits que le secteur crée et de trouver des solutions pour leur prise en compte de leur fin de vie quand  l’écoconception est inexistant.

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